Comme pour le trafic de drogue, des fusillades pour le trafic de clandestins?

Image d'illustration/Fotolia
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Ce lundi, le procès d’un réseau de passeurs d’immigrés clandestins s’est ouvert à Poitiers. 13 suspects, 10 Kurdes irakiens, deux Roumains, un Niortais sont jugés pour aide au séjour irrégulier en bande organisée, violences avec arme, transport d’armes de guerre, détention de faux documents et refus d’obtempérer.

L’enquête avait débuté en juin 2017, après une fusillade nourrie en pleine nuit sur l’aire de service de Poitiers-Chincé (Vienne) sur l’A10 vers Paris. Rapidement, l’enquête s’orientait vers une confrontation armée entre groupes de passeurs de clandestins, embarqués de nuit, le long de l’A10, à l’arrière de camions ralliant l’Angleterre.

Les Kurdes sont présentés comme les principaux protagonistes d’un réseau très organisé. Selon l’ordonnance de renvoi, dont l’AFP a pris connaissance, le système à la logistique sophistiquée prévoyait des Audi et des BMW avec des jeux de plaques d’immatriculation britanniques, de faux titres de séjour et des comptes en banque basés en Angleterre ou au Kurdistan qui servaient aux passeurs à payer les nuits d’hôtel sur les autoroutes.

Une semaine après la fusillade, la découverte d’un fourgon avec à bord sept migrants iraniens et irakiens, des armes, faisait progresser l’enquête. Les gendarmes sont parvenus à remonter jusqu’aux suspects et ont fini par les interpeller.

Âgés de 21 à une trentaine d’années, les prévenus ont cherché à minimiser leur rôle dans le trafic, indiquant, comme en audition, qu’ils “donnaient un coup de main” logistique pour faire passer des compatriotes et n’avaient rien à voir avec la fusillade de l’A10.

“Je suis juste un exécutant”, a ainsi assuré Mirkha, l’un d’eux. “Il y a des personnes beaucoup plus importantes que moi en Angleterre mais je ne les ai jamais vues”. Trahissant l’ampleur de ce trafic.

Les absents ont toujours tort, en auditions, certains avaient chargé les absents et expliqué que la fusillade de l’A10 intervenait après un différend sur la répartition des aires de repos. Le chef présumé du réseau avait cinq aires “en concession” mais un conflit l’opposait à un concurrent. Des premiers “règlements de compte” avaient eu lieu peu auparavant vers Niort et Châtellerault.

Source: AFP

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