Pourquoi le choix de la très macroniste Sylvie Goulard à la Commission européenne suscite un tollé?

Sylvie Goulard ou la fidélité récompensée/DR
Sylvie Goulard ou la fidélité récompensée/DR

Le choix par Emmanuel Macron de Sylvie Goulard, l’ancienne ministre éphémère de la Défense – dont nous pour avons dressé le portrait complet – pour représenter la France au sein de la prochaine Commission européenne soulève une vague d’indignation.

Deux ans après un bref passage au gouvernement, Sylvie Goulard a été choisie mercredi 28 août par Emmanuel Macron pour siéger à la Commission européenne. Salué par la majorité, ce choix a été dénoncé par l’opposition de droite comme de gauche.

Sylvie Goulard est en effet impliquée dans une affaire d’emplois fictifs du MoDem. Elle est également critiquée pour avoir collaboré à un think tank américain pour une rémunération supérieure à 10 000 euros par mois alors qu’elle était eurodéputée.

Grosse gêne! Ce qui l’empêche d’être ministre en France est négligeable à l’échelle européenne!“, a notamment fustigé l’eurodéputé Europe-Écologie-Les Verts Yannick Jadot.

En effet, en juin 2017, Sylvie Goulard avait quitté son poste de ministre des Armées après des soupçons d’emplois fictifs d’assistants d’eurodéputés MoDem, parti duquel elle faisait parti à l’époque.

“C’est étonnant ce ‘deux poids – deux mesures’. Goulard ne pouvait plus être ministre à cause d’une enquête en cours mais peut être Commissaire européen. Ferrand ne pouvait plus être ministre à cause d’une enquête en cours mais est Président de l’Assemblée”, a également commenté le député Les Républicains Pierre-Henri Dumont.

 

Il y a une sorte de fumisterie“, a de son côté estimé la députée La France insoumise Clémentine Autain jeudi matin sur Franceinfo. Selon l’élue de Seine-Saint-Denis, Sylvie Goulard est “un choix cohérent avec ce qu’est aujourd’hui l’Union européenne, son orientation, le monde qu’elle représente et en creux le monde qu’elle ne représente pas“.

Elle est peut-être comme un poisson dans l’eau, aussi parce que le monde dans lequel elle évolue, qui fait qu’elle a pu être parlementaire européenne et en plus toucher 10 000 euros par mois d’un think tank pendant plusieurs années, la place dans un monde très bourgeois et très éloigné de la réalité de millions d’Européens qui n’arrivent pas à boucler les fins de mois“, a-t-elle poursuivi.

La collaboration de Sylvie Goulard à un tkink tank américain alors qu’elle était eurodéputée est en effet également très critiquée par ses détracteurs. “Un mélange des genres dommageable“, a dénoncé mercredi Guillaume Balas, du mouvement Génération.s.

“On nous a longtemps vendu l’Union européenne comme un moyen de faire contrepoids aux États-Unis. Devinez qui nous nommons Commissaire européenne? Une ancienne députée européenne qui fut payée 10 000 euros par mois par un think tank américain“, a également tweeté le porte-parole du PCF Ian Brossat.

Député européen c’est vraiment un temps plein, donc quand on gagne 10 000 euros soit on était à temps plein sur un autre poste et on a délaissé ses fonctions de député européen, soit c’est un emploi fictif. Moi ça me pose question, ces 10 000 euros qu’elle a touchés pendant des années“, s’est de son côté interrogé sur Franceinfo jeudi matin Jean-Christophe Picard, président d’Anticor, association contre la corruption et la fraude fiscale.

Pour Anticor, le choix de Sylvie Goulard est “désastreux pour l’image de la France” et relève d’un “deux poids, deux mesures” où l’on pousse au niveau européen une ministre empêchée par ses ennuis judiciaires en France.

Le think tank américain, où Sylvie Goualrd a occupé le poste de “conseiller spécial” d’octobre 2013 à janvier 2016, dont tout le monde parle et personne ne le nomme c’est l’Institut Berggruen. A titre d’exemplr, en 2013, elle y a perçu une rémunération de 36 047 euros, soit 12 000 euros par mois.

Fondé en 2010 en Californie par le millionnaire Nicolas Berggruen il se définit comme “un groupe de réflexion indépendant et non-partisan consacré à l’étude comparative et à la conception de systèmes de gouvernance adaptés aux défis du XXIe siècle.”

Berggruen lui même fait parti du Council on Foreign Relations (CFR), considéré comme l’un des think tanks les plus influents en politique étrangère, une organisation de même acabit que le Club Le Siècle ou le Groupe Bilderberg.

Source: Twitter/AFP

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