Le procès de Génération identitaire: ce n’est même pas un jugement sévère. C’est de la persécution politique!

Image d'illustration/Facebook
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Le tribunal correctionnel de Gap a condamné jeudi à des peines de six mois de prison ferme trois responsables de Génération identitaire, après des actions pacifiques menées dans les Alpes par cette association au printemps 2018. L’association est condamnée à l’amende maximale de 75 000 euros.

Dans sa motivation le tribunal considère que, “compte-tenu de la nature extrêmement grave des faits, de l’importance du trouble à l’ordre public occasionné non seulement pendant leur période de commission mais de manière durable dans le département, de l’importance des valeurs protégées par les infractions reprochées et du passé pénal des prévenus“, la prison ferme s’impose.

Les trois prévenus étaient poursuivis pour des “activités exercées dans des conditions de nature à créer dans l’esprit du public une confusion avec l’exercice d’une fonction publique“. En clair, le tribunal considère que les militants de Génération identitaire se sont fait passer pour des forces de l’ordre.

Contre Clément Gandelin (dit Galant), 24 ans, président de Génération identitaire, son porte-parole Romain Espino, 26 ans, et un organisateur actif du mouvement, Damien Lefèvre (dit Rieu), 29 ans, le tribunal a également prononcé 2000 euros d’amende, ainsi que la privation de leurs droits civiques, civils et de famille pendant cinq ans.

Le 21 avril 2018, Génération identitaire avait monté une spectaculaire opération au col de l’Échelle, point de passage de nombreux migrants dans les Hautes-Alpes.

Une centaine de personnes vêtues de la même doudoune bleue s’étaient mobilisées, avec deux hélicoptères, une banderole géante, et une “frontière symbolique” matérialisée dans la neige par des grillages en plastique.

Dans les semaines suivantes, des membres de Génération identitaire avaient patrouillé cette portion de la frontière, surtout de nuit, en signalant à la gendarmerie les tentatives d’intrusion depuis l’Italie, en violation de la loi.

Ils ont ainsi permis aux forces de l’ordre des interceptions de migrants, souvent aidés, eux, par des passeurs d’associations d’extrême gauche. Une action parfaitement légale, conforme à l’article L 621-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et l’article 73 du code de procédure pénale permettant à tout citoyen d’appréhender l’auteur d’un délit flagrant.

L’infraction commise n’était pas simple à mettre en évidence. Le procureur avait pensé rapidement à l’infraction qu’il a finalement retenue: “activités exercées dans des conditions de nature à créer dans l’esprit du public une confusion avec l’exercice d’une fonction publique” (article 433-13 du Code pénal), mais pensait initialement que le délit ne tenait pas.

Il a changé d’avis en cours d’enquête, mais a convenu jeudi que le tribunal allait “faire jurisprudence” avec son jugement. Selon l’adage soviétique, “donnez-moi l’homme, je me débrouille pour trouver un motif de condamnation”.

Pendant le procès, Clément Galant, conducteur de travaux à temps partiel, a fait usage de son droit au silence, sauf pour dénoncer “un procès qui n’est rien d’autre que politique”. “Nous n’avons jamais dit que nous prenions la place de la police (ou d’une autre) autorité. C’était une action pacifique”, a-t-il seulement ajouté.

Me Pierre-Vincent Lambert, avocat des prévenus, a d’ores et déjà annoncé que ses clients feraient appel de la décision.

Source: AFP/FL24

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