Comme Macron en France, à Hong Kong la police justifie le recours à des canons à eau

Canons à eau/DR
Canons à eau/DR

La police de Hong Kong a justifié le recours à des canons à eau et un tir qui s’est avéré être un coup de sommation après plus de deux mois de manifestations, expliquant avoir fait face à des manifestants “extrêmement violents”.

Pure coïncidence, en même temps en France, Emmanuel Macron a justifié l’attitude des forces de l’ordre mobilisées lors des manifestations des Gilets jaunes, assumant d’avoir maintenu l’usage des controversés Lanceurs de balles de défense (LBD).

Les affrontements de dimanche à Tsuen Wan, dans la banlieue du territoire semi-autonome, ont été parmi les plus violents depuis le début en juin du mouvement contre le gouvernement local soutenu par Pékin.

Cette ex-colonie britannique traverse sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997 et la situation ne semble pas prête à se détendre.

Des manifestants extrêmement violents ont dévié du parcours initial, obstruant les routes, vandalisant les magasins et les tunnels, lançant des cocktails Molotov, des briques et divers projectiles sur les policiers“, a affirmé lundi la police dans un communiqué.

A la nuit tombée dimanche, un groupe de policiers s’est retrouvé coincé par des manifestants armés notamment de briques qui les menaçaient” a poursuivi la police.

Un policier est tombé au sol sous une pluie de coups d'”émeutiers” ayant “la claire intention de le tuer“, a déclaré lundi après-midi au cours d’une conférence de presse Mak Chin-ho, un haut responsable de la police. “Un policier a alors effectué un tir de sommation en l’air“, a-t-il ajouté, six de ses collègues dégainant leurs armes par sécurité.

C’est, semble-t-il, le premier tir de munition létale depuis le début de la crise.

La police a également défendu le recours à des canons à eau. Les forces de l’ordre avaient jusqu’ici toujours affirmé ne vouloir utiliser cette technique de dispersion qu’en cas de “perturbation à grande échelle de l’ordre public“.

Courants dans de nombreux pays, ils constituent une grande première à Hong Kong, où ils n’avaient encore jamais été mis en oeuvre contre des manifestants.

En outre, la police a condamné fermement les manifestants ayant “délibérément blessé des policiers“, affirmant que 21 membres des forces de l’ordre ont été blessés dans ces échauffourées.

Plusieurs dizaines de protestataires, dont des mineurs, l’un d’eux étant âgé de 12 ans, ont été appréhendés pour rassemblement illégal, possession d’armes et agression envers la police.

Plus tôt lundi, la police avait appelé le public “à se dissocier clairement” des manifestants violents, promettant “des mesures implacables” pour traduire les contrevenants en justice.

L’antagonisme est trop grand dorénavant entre le mouvement pro-démocratie et la police pour être résolu“, a déclaré lundi un manifestant de 20 ans, présent à la manifestation de la veille.

L’après-midi de dimanche avait débuté par une marche autorisée de milliers de Hongkongais pacifiques sous leurs parapluies à travers Tsuen Wan.

En début de soirée, des heurts ont éclaté entre des manifestants radicaux, vêtus de noir et équipés de casques et masques à gaz, et les forces de l’ordre, échangeant cocktails Molotov contre gaz lacrymogènes.

Né de l’opposition à un projet de loi – désormais enterré – visant à autoriser les extraditions vers la Chine continentale, le mouvement s’est mué en une campagne plus large pour dénoncer le recul des libertés et l’ingérence du régime communiste de Pékin.

Depuis juin, le gouvernement central chinois a mis en oeuvre tout un éventail de méthodes, allant de l’intimidation à la propagande en passant par la pression économique, pour tenter de contenir la contestation sur ce territoire qui est aussi un  des plus important centre financier de la planète.

Samedi, Carrie Lam, la cheffe de l’exécutif hongkongais, qui a récemment évoqué la recherche d’un “dialogue“, a rencontré des personnalités politiques et du monde de l’éducation pour discuter de la situation.

Mais peut-on nommer une seule personne en mesure de représenter honnêtement et véritablement les protestataires dans la rue ? Non. Pas une seule“, a déclaré à la presse lundi le parlementaire James To Kun-sun, qui soutient le mouvement.

Source: AFP

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