Le sang coulera-t-il à Hong Kong? Pour la première fois, un policier fait usage de son arme

manifestation hong kong/wikimédia
manifestation hong kong/wikimédia

Un policier de Hong Kong a fait au moins une fois usage de son arme à feu, aujourd’hui  dimanche 25 août et les forces de l’ordre ont utilisé des canons à eau contre des manifestants, une première dans l’ex-colonie britannique secouée par des manifestations pro-démocratie.

D’après ce que je comprends, un collègue vient juste de tirer avec son arme à feu. Ce que je comprends c’est que c’est un policier en uniforme qui a effectué ce tir“, a expliqué un officier de la police de Hong Kong, Leung Kwok Win aux journalistes alors que de violents affrontements avaient éclaté entre des manifestants pro-démocratie et la police à Tsuen Wan, à environ 10 kilomètres du centre-ville.

Il n’était pas possible de savoir qui était visé par ce tir, mais c’est la première fois qu’une  arme à feu était utilisée depuis le point de départ des manifestations à Hong Kong début juin. Le territoire semi-autonome, un des hubs financiers de la planète, connaît depuis 3 mois sa plus grave crise politique depuis son retour dans le giron chinois en 1997.

Né de l’opposition à un projet de loi (retiré depuis par le gouvernement) visant à permettre les extraditions vers la Chine continentale, le mouvement a évolué en une campagne plus globale contre le recul des libertés et la mainmise du régime communiste de Pékin.

Des milliers de Hongkongais ont encore défilé dimanche pacifiquement, sous une pluie battante, vers le quartier de Tsuen Wan. Mais des manifestants plus radicaux ont ensuite érigé une barricade et lancé pavés et cocktails Molotov, prenant pour cible les policiers.

Après avoir tiré des gaz lacrymogènes qui sont restés sans effets sur les protestataires, la police anti-émeute a utilisé des canons à eau.

Un signe d’escalade, les forces de l’ordre ayant jusqu’à présent toujours affirmé ne vouloir utiliser cette technique de dispersion qu’en cas de “perturbation à grande échelle de l’ordre public“.

Courants en Occident, ils constituent une grande première à Hong Kong où ils n’avaient jusqu’ici pas été employés contre des manifestants. La population est de ce fait très sensible à leur utilisation.

Avec la police et des manifestants qui chacun se radicalisent, les canons à eau seront davantage utilisés à l’avenir“, prédit M. Fong, un protestataire interrogé par l’AFP.

Depuis le début du mouvement, la réaction du gouvernement communiste chinois a été contrastée.

S’il n’a légalement pas le droit d’intervenir directement à Hong Kong, Pékin a eu recours à tout un panel de méthodes, allant de la démonstration de force à la propagande en passant par la pression économique et l’intimidation, pour tenter de contenir la contestation.

Le MTR (le métro hongkongais) affronte actuellement les reproches du public, après avoir apparemment cédé aux critiques des médias officiels chinois qui ont accusé l’entreprise gestionnaire d’être au service de la mobilité des manifestants.

Dimanche, le réseau de transport a fermé certaines stations du quartier de Tsuen Wan, proches du site de la principale manifestation, pour le deuxième jour d’affilé.

Même si notre avenir est sombre, nous essayons de nous exprimer de façon rationnelle“, a assuré un jeune manifestant âgé d’une vingtaine d’années et qui se fait appeler Peter.

Nous avons confiance en nous-mêmes et en notre ville. Un jour, nos demandes seront satisfaites.

Un second rassemblement de quelques centaines de personnes, auquel se sont mêlés des proches de policiers, a également été organisé en un autre lieu de la ville dimanche après-midi.

Une femme disant être l’épouse d’un policier était venue déclarer son soutien aux forces de l’ordre, estimant qu’elles ont essuyé suffisamment de critiques.

Je crois qu’au cours de ces deux mois, la police a suffisamment été couverte d’opprobre“, a-t-elle déclaré.

Je veux vraiment que vous sachiez que même si le monde entier vous crache dessus, nous, membres des familles, nous ne le ferons pas.

La police du territoire semi-autonome, régulièrement et violemment critiquée par les manifestants, est la cible depuis des semaines de la colère des contestataires qui l’accusent de violences.

Les forces de l’ordre avaient chargé samedi des manifestants pro-démocratie radicaux qui avaient érigé une barricade dans l’est de Hong Kong. Des échauffourées qui marquaient la fin d’une accalmie relative des violences durant 10 jours.

La police avait tiré des gaz lacrymogènes et frappé des protestataires qui avaient jeté des pierres et des bouteilles.

Dix personnes ont été hospitalisées à la suite de ces violences, dont deux dans un état grave, a indiqué le personnel médical, sans préciser s’il s’agit de manifestants ou de membres des forces de l’ordre.

Ces événements risquent de radicaliser encore plus de citoyens de Hong Kong, et si des gestes d’apaisement (mais lesquels?) ne sont pas proposés rapidement par le gouvernement, la situation pourrait vraiment devenir hors contrôle et obliger Pékin a intervenir, ce que le régime communiste cherche à éviter à tout prix.

Source: AFP

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