Inhumain. Un chef d’entreprise se rue au chevet de sa fille aveugle, violée, devinez ce que les flics vont lui faire?

Images d'illustration/DR
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Près de Nantes, un dévoué chef d’entreprise qui se rendait en urgence auprès de sa fille, aveugle, violée, se voit retirer son permis pour excès de vitesse. Insensibles aux circonstances atroces qui ont conduit à l’infraction, aucun acteur des pouvoirs publics n’a accepté de revenir sur cette condamnation impitoyable.

Le 16 mai dernier, ce Nantais de 52 ans, qui se trouvait au siège de l’une de ses entreprises, a foncé à toute vitesse à l’institut spécialisé où sa fille aveugle est scolarisée et où elle venait d’être violée. Contrôlé à 161 km/h à Puceul (Loire-Atlantique) par les gendarmes du Peloton motorisé de Nozay, “l’événement de force majeure” n’a pas apitoyé les militaires.

A l’exception d’un seul, selon l’avocat du père, qui “souhaitait permettre à mon client de retrouver en urgence sa fille, son binôme s’y opposait, prétextant qu’il avait pour unique tâche de constater l’infraction”.

Inhumains, les gendarmes n’ont pas eu le cœur à raccompagner l’automobiliste jusqu’à l’institut… ce qui l’avait contraint à ne retrouver sa fille que le lendemain soir: l’accès à son internat n’était plus possible passée une certaine heure de la nuit.

D’un même cœur de pierre, le juge des référés du tribunal administratif de Nantes a refusé de revenir sur la suspension de son permis de conduire. Une cruauté partagée par la préfecture, “insensible aux faits particulièrement atroces, le préfet s’est contenté de répondre froidement que sa décision s’inscrivait dans ‘la lutte nationale contre l’insécurité routière'”, s’insurge Me Arnaud Bernard, l’avocat de l’automobiliste.

Un permis qui lui est “indispensable pour poursuivre son activité professionnelle et pour assister sa fille au quotidien”. Loin d’être un parasite, l’homme qui dirige en effet deux autres entreprises en Vendée et dans le Calvados, se retrouve dans une situation économique et familiale dramatique.

Dans son ordonnance, le juge estime que le viol de la jeune femme vulnérable “n’est pas de nature à caractériser l’urgence (…) eu égard à la gravité de l’infraction (…) commise par l’intéressé”, plus ému de l’excès de vitesse que du crime sexuel sur une personne démunie.

La procédure de référé-suspension n’a aucune chance d’aboutir, car même si le requérant peut prouver qu’il y a “urgence” à suspendre la décision attaquée, il ne pourra pas établir qu’il existe un “doute sérieux sur la légalité” de celle-ci.

La légalité de la décision sera donc désormais réexaminée par le même tribunal administratif, mais cette fois-ci par une formation collégiale de trois juges, d’ici douze à dix-huit mois environ.

Si les juges concluaient à une “erreur manifeste d’appréciation” du préfet, ils pourraient condamner l’Etat à dédommager l’automobiliste de ses préjudices.

Les autorités incapables de protéger les plus fragiles, ne sont que le bras armé de la répression routière impitoyable.

Source: Actu

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