En Syrie, un revers pour les islamistes et les Turcs. Les djihadistes reculent face à Bachar al-Assad

Bachar-al-Assad/kremlin.ru
Bachar-al-Assad/kremlin.ru

Face à l’offensive des troupes du gouvernement de Bachar al-Assad appuyées par leur allié russe, les djihadistes et rebelles islamistes pro-turcs ont été contraints, mardi 20 août, de se retirer de secteurs clés de la région d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie. La situation est de plus en plus tendue entre Damas et Ankara et Moscou hausse le ton.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), les groupes anti-Assad ont quitté la ville stratégique de Khan Cheikhoun, dans la province d’Idleb, ainsi que des secteurs dans le nord de la province voisine de Hama.

La majeure partie de la province d’Idleb et des portions des provinces voisines d’Alep, de Hama et de Lattaquié échappent toujours au contrôle du gouvernement légal, après huit années de conflit, malgré les reconquêtes de la majorité du territoire national par le régime.

Cette région, dominée par le groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d’Al-Qaïda) et abritant des groupes rebelles islamistes pro-turcs, est la cible depuis fin avril de bombardements quasi quotidiens de Damas et de son allié russe.

Un porte-parole de HTS a nié dans un communiqué publié sur Telegram le retrait du groupe du nord de Hama, évoquant un “repositionnement” des combattants après d’intenses bombardements du régime.

Même son de cloche du côté du Front national de libération (FNL), une coalition regroupant plusieurs groupes rebelles pro-Ankara et fondée par Fadlallah al-Hajji un islamiste proche des Frères musulmans, qui a nié “catégoriquement“, dans un communiqué, les “rumeurs” concernant un retrait, évoquant un “redéploiement” tactique en vue de “poursuivre la résistance”.

La retraite des islamistes intervient après que les forces du régime se sont emparées de la moitié de Khan Cheikhoun et ont réussi à bloquer l’autoroute Alep-Damas devant l’arrivée d’un convoi militaire turc apportant du soutien aux rebelles.

Cette route, dans le viseur du régime depuis des mois, traverse Idleb et relie les deux métropoles sous son contrôle.

Un important poste d’observation turc dans la ville de Morek, à environ dix kilomètres au sud de Khan Cheikhoun, se retrouve désormais encerclé par les forces du régime syrien et les soldats turcs ne peuvent se retirer qu’à travers des routes sous contrôle gouvernemental, a précisé à l’AFP le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Mais le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a exclu “pour le moment” tout retrait de Morek, l’un des postes d’observation possédé par Ankara à Idleb et dans ses environs, en vertu d’accords conclus avec Moscou.

Lundi, la Turquie avait dépêché un convoi militaire d’environ 50 véhicules, après l’entrée des forces pro-régime dans Khan Cheikhoun.

Mais celui-ci avait dû s’arrêter après des bombardements russes et syriens qui ont tué trois civils, selon Ankara. Les trois morts sont en fait des combattants rebelles pro-turcs, selon l’OSDH.

Ankara a “fermement” condamné l’attaque, exhortant mardi Damas à ne pas “jouer avec le feu“. Le président syrien a répliqué en affirmant que “les derniers combats à Idleb ont révélé (…) le soutien clair et illimité d’Ankara aux terroristes“, lors de la visite d’une délégation russe à Damas.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a lui mis en garde contre de nouvelles attaques des djihadistes contre les civils et la base russe de Hmeimim.

Nous avons prévenu nos collègues turcs que nous y répondrions“, a ajouté M. Lavrov lors d’une conférence de presse en Russie.

La Turquie, parrain de groupes rebelles liés à la mouvance islamiste à Idleb, est présente dans cette région en vertu d’un accord conclu en septembre 2018 à Sotchi afin d’éviter une offensive d’envergure du régime.

Cet accord, qui prévoyait la création d’une “zone démilitarisée” devant servir de tampon entre les territoires du régime et ceux tenus par les djihadistes et rebelles islamistes, n’a été que partiellement respecté, les djihadistes ayant refusé de se retirer.

Pour la Russie, maintenir la coalition d’Astana est une priorité“, a affirmé l’analyste Samuel Ramani, en référence au processus de négociations sur la Syrie lancé en 2017 par Moscou, Ankara et Téhéran, dans la capitale du Kazakhstan.

Déclenchée en 2011 par une tentative de déstabilisation des institutions légales par des activistes sunnites, la guerre en Syrie a fait plus de 370 000 morts et déplacé des millions de personnes.

Source: AFP

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