Vers un nouveau Tian’anmen? A Hong Kong, malgré les menaces, regain de mobilisation

manifestation hong kong/wikimédia
manifestation hong kong/wikimédia

Plusieurs centaines de milliers de manifestants pro-démocratie ont défilé calmement dimanche 18 août, dans les rues de Hong Kong, malgré la pluie et la présence de nombreux policiers, pour montrer que la contestation reste populaire en dépit des violences et des menaces du gouvernement communiste de Pékin.

La mobilisation, débutée en juin et sans précédent dans l’ancienne colonie britannique, avait vu son image ternie cette semaine par des scènes de violences après cinq jours de sit-in dans l’aéroport qui avaient entraîné de graves perturbations du trafic aérien.

Afin de réfuter les accusations de “terrorisme” qui ont émané du gouvernement communiste chinois, un appel à un rassemblement “rationnel et non violent” pour dimanche avait été lancé par le Front civil des droits de l’Homme (FCDH).

Selon cette organisation non violente, plus de 1,7 million de personnes ont manifesté dimanche, soit la plus forte mobilisation depuis des semaines.

La police a pour sa part dénombré environ 128 000 personnes ayant participé à la manifestation autorisée dans un parc de la ville, sans compter celles massées dans les nombreuses rues adjacentes.

En début d’après-midi, la foule s’était d’abord groupée sous une pluie battante dans le Parc Victoria, au cœur de l’île de Hong Kong, formant une mer de parapluies multicolores.

Les manifestants ont ensuite pris la direction du quartier d’Admiralty, plus à l’ouest, bravant l’interdiction de la police qui n’avait autorisé qu’un rassemblement statique dans le parc.

Tard dans la soirée, des centaines de manifestants masqués tournaient autour du siège du gouvernement, scandant “Reprenons Hong Kong, révolution de notre temps“.

Nombre de contestataires avaient encore pour mot d’ordre la dénonciation des violences policières.

D’autres admettaient une hausse de la violence dans les rangs des contestataires, les manifestations dégénérant de plus en plus souvent en heurts entre la police et des radicaux n’hésitant plus à lancer des pierres ou des cocktails Molotov, et à utiliser des frondes.

Plus de 700 personnes ont été arrêtées depuis deux mois.

Hong Kong, région semi-autonome, qui est un centre de la finance mondiale, traverse depuis début juin sa crise la plus grave depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, avec des manifestations et des actions quasi quotidiennes pour demander, notamment, le suffrage universel.

Le mouvement a très peu obtenu de l’exécutif hongkongais pro-Pékin, hormis la suspension du texte autorisant les extraditions vers la Chine continentale, qui avait mis le feu aux poudres.

Cela a poussé le mouvement vers un durcissement, comme l’a illustré cette semaine le blocage de l’aéroport de Hong Kong, où des centaines de vols ont été annulés. Deux personnes soupçonnées d’être des espions pro-Pékin y ont également été pris à partie par une foule en colère.

D’où les mises en garde de plus en plus cinglantes du pouvoir central chinois, qui a assimilé les manifestants à des “terroristes” et menacé d’intervenir dans le territoire.

Le président américain Donald Trump a lancé dimanche un avertissement à la Chine, assurant qu’une répression dure des manifestations de Hong Kong similaire à l’écrasement de la révolte de la place Tian’anmen nuirait aux discussions sur un accord commercial sino-américain.

Je pense qu’il serait très difficile de conclure un accord s’ils exercent de la violence, si c’est une autre place Tian’anmen“, a déclaré M. Trump à des journalistes lors d’un déplacement dans le New Jersey.

La propagande chinoise a abondamment repris les images des violences à l’aéroport. Les médias chinois ont également diffusé des images de soldats chinois et de transports de troupes blindées massées de l’autre côté de la frontière, à Shenzhen. Ces unités appartiendraient à la police militaire et seraient spécialisées dans le “maintien de l’ordre”.

Si la tactique de Pékin et Hong Kong est de laisser notre mouvement mourir à petit feu, ils ont tort. Nous ne lâcherons rien“, a affirmé Bonnie Leung, une porte-parole du FCDH.

Samedi, des milliers d’enseignants avaient manifesté pacifiquement sous des trombes d’eau. Une foule encore plus importante s’était aussi rassemblée dans deux quartiers situés sur la partie continentale du territoire, au nord de la baie de Hong Kong.

Quelques milliers de partisans du gouvernement s’étaient eux aussi réunis dans un parc pour critiquer le mouvement pro-démocratie et soutenir la police.

Source: AFP

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