Justin Trudeau va-t-il perdre les élections parce qu’il a violé la loi?

Justin Trudeau/CC Flickr
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Justin Trudeau a violé la loi sur les conflits d’intérêt en tentant de faire pression sur sa ministre de la Justice dans une procédure judiciaire, a conclu mercredi un rapport du Commissaire à l’éthique: un coup dur pour le Premier ministre canadien à deux mois de législatives indécises.

Ce rapport, rédigé par un haut-fonctionnaire indépendant relevant du Parlement, va alimenter la polémique sur ce scandale qui secoue le gouvernement libéral de Justin Trudeau depuis le début de l’année.

Le Premier ministre canadien encourt une amende pouvant aller jusqu’à 500 dollars, mais les conséquences politiques risquent d’être plus lourdes.

Justin Trudeau et son entourage avaient été plongés en février dans la pire crise politique de son mandat après avoir été accusés par l’ex-ministre de la Justice et procureure générale Jody Wilson-Raybould d’avoir exercé sur elle des pressions “inappropriées” pour éviter un procès au géant de l’ingénierie SNC-Lavalin, ce qu’elle a refusé de faire.

La position d’autorité dont bénéficient le Premier ministre et son cabinet ont servi à contourner, à miner et finalement à tenter de discréditer la décision de la directrice des poursuites pénales ainsi que l’autorité de Mme Wilson-Raybould“, a estimé dans un communiqué Mario Dion, Commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique.

L’entourage de M. Trudeau a ainsi “demandé de façon irrégulière à la procureure générale de tenir compte d’intérêts politiques partisans dans cette affaire, ce qui va à l’encontre des principes constitutionnels bien établis encadrant l’indépendance du poursuivant et la primauté du droit“, précise le communiqué.

M. Trudeau était, en sa qualité de Premier ministre, le seul titulaire de charge publique en mesure d’exercer une influence sur la décision de la procureure générale relativement à son éventuelle intervention dans un dossier lié à une poursuite criminelle“, selon le communiqué.

SNC-Lavalin a tenté d’obtenir du gouvernement un règlement à l’amiable des accusations de fraude et de corruption liées à ses activités en Libye, ce qui lui aurait permis de payer une amende et d’éviter des sanctions plus sévères en cas de procès.

M. Trudeau a toujours nié avoir agi de manière inappropriée, mettant en avant les nombreuses pertes d’emplois liées à une éventuelle condamnation, qui aurait privé l’entreprise de juteux contrats publics pendant 10 ans. Mais son image affichée d’exemplarité en est sortie écornée.

Fin 2017, le Premier ministre avait en outre déjà été reconnu coupable d’avoir enfreint la loi sur les conflits d’intérêt pour être allé à deux reprises aux frais de son hôte sur l’île privée aux Bahamas de l’Aga Khan, chef spirituel des ismaéliens nizârites, un mouvement musulman.

La tempête politique déclenchée par le scandale SNC-Lavalin avait entraîné la démission de deux hauts responsables proches du Premier ministre et la démission de deux ministres, dont Mme Wilson-Raybould, qui ont ensuite été expulsées du Parti libéral.

SNC-Lavalin, dont le siège social se situe à Montréal et qui emploie quelque 9 000 salariés au Canada, a été accusé en 2015 par la police canadienne d’avoir payé 47 millions de dollars canadiens (31 millions d’euros) en pots-de-vin entre 2001 et 2011 pour obtenir des contrats en Libye pendant le régime de Mouammar Kadhafi.

Source: AFP

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