Salvini fera-t-il d’une pierre deux coups? Les élections anticipées et une cure d’amaigrissement pour le parlement

Matteo Salvini/Wikimedia Commons ©Angelo Trani
Matteo Salvini/Wikimedia Commons ©Angelo Trani

Le ministre italien de l’Intérieur Matteo Salvini s’est dit prêt mardi à accepter la demande du Mouvement 5 Etoiles (M5S) de réduire le nombre de membres du parlement de 345 sur 950 si des élections législatives anticipées étaient organisées immédiatement après.

La Ligue de Salvini a déposé une motion de défiance contre le gouvernement de Giuseppe Conte auquel elle appartient afin de provoquer sa chute.

L’idée de Salvini est de profiter de sa bonne cote de popularité actuelle pour revenir devant les électeurs et tenter d’obtenir une majorité pour gouverner seul.

La Ligue et le M5S dirigent ensemble l’Italie depuis 14 mois et les divergences entre les deux partis n’ont cessé de s’affirmer au fil du temps.

Nous tenons comme il se doit la promesse faite aux Italiens, nous supprimons 345 parlementaires et ensuite, au nom de la dignité, de l’honnêteté et de la cohérence nous allons directement aux urnes“, a déclaré Salvini devant les sénateurs.

Le Sénat italien est réuni mardi pour débattre de la date à laquelle sera soumise aux voix la motion de défiance déposée par la Ligue.

Les politiciens italiens font des pieds et des mains pour fermer la porte du pouvoir à la Ligue. Ainsi, Enrico Letta, l’ex-chef de gouvernement de centre gauche d’avril 2013 à février 2014, s’est dit “très préoccupé” de l’ascension de Salvini qui, si on ne le stoppe pas, pourrait s’arroger la “majorité absolue” au parlement. “Ce serait un grand danger pour le pays. M. Salvini et ses idées souverainistes pourraient entraîner le pays hors de l’Europe“.

Son successeur à la tête de l’Italie de février 2014 à décembre 2016, Matteo Renzi, a fait “une proposition concrète”, une sorte de front républicain “tous contre Salvini”.

L’idée de Renzi est que tous les élus, y compris ceux de la Ligue, soutiennent un “gouvernement institutionnel” qui pourrait être un “Conte bis” formé par le M5S – fort de sa majorité relative dans les deux chambres – appuyé de l’extérieur par d’autres partis de droite et de gauche.

Face à ces combines, Matteo Salvini a fustigé “des magouilles” et “des manœuvres de palais”. “On me traite de dictateur mais un dictateur ne demande pas de voter“, a-t-il lancé. “Ce sont ceux qui ne veulent pas voter qui n’aiment pas la démocratie“.

Pour précipiter la chute du gouvernement Conte, le ministre de l’Intérieur s’est dit prêt dimanche soir à une démission des sept ministres de la Ligue. Un moyen de couper l’herbe sous le pied du camp hostile à un scrutin.

Source: Reuters/AFP

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