VIDEO. Nouvelle phase de la guerre au Yémen. Le palais présidentiel d’Aden encerclé par des séparatistes

Image d'illustration/DR
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Des combattants séparatistes se sont emparés samedi de trois casernes des forces gouvernementales yéménites à Aden, la grande ville du Sud, et encerclent le palais présidentiel, selon des sources militaires et sécuritaires.

De violents combats se poursuivent entre ces partisans d’une indépendance pour le sud du Yémen et les forces loyales au président Abd Rabbo Mansour Hadi, selon les mêmes sources.

Des combattants séparatistes ont été vu poser près d’un char qu’ils disent avoir saisi dans une position militaire.

Pays pauvre de la péninsule arabique, le Yémen est déchiré depuis plusieurs années par une guerre opposant les rebelles Houthis, originaires du Nord, d’obédience chiite et soutenus par l’Iran, à des forces pro-gouvernementales soutenues par une coalition militaire menée par l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis.

Mais le camp anti-Houthis est lui même divisé et depuis mercredi des affrontements meurtriers ont éclaté entre ses différentes composantes à Aden, siège du pouvoir loyaliste depuis que les Houthis contrôlent la capitale Sanaa.

Ils opposent des éléments séparatistes d’une force nommée “Cordon de sécurité”, soutenue par les Emirats, aux troupes du gouvernement qui est lui soutenu par les Saoudiens. Il semble donc que les dissensions dans la coalition sunnite sont en train d’engendrer “une guerre civile dans la guerre civile”.

Samedi, des éléments des “Cordons de sécurité” ont réussi à prendre le contrôle de trois casernes des forces gouvernementales et à entourer le palais présidentiel, selon des sources militaire et sécuritaire proches de cette force.

Depuis mercredi, le bilan est d’au moins 18 morts (combattants et civils), selon des médecins et des sources de sécurité. D’après l’organisation Médecins sans frontières (MSF), plus de 75 personnes blessées ont été soignées dans un hôpital relevant de cette ONG depuis vendredi.

Le ministre émirati des Affaires étrangères Abdallah ben Zayed s’est déclaré “très inquiet” par la situation à Aden et a affirmé “mettre en œuvre tous les efforts possibles pour calmer la situation et aboutir à une désescalade”.

Il a appelé l’envoyé spécial des Nations unies pour le Yémen Martin Griffiths à faire de même, selon une déclaration à l’agence de presse officielle émiratie WAM.

L’important, c’est d’intensifier les efforts de toutes les parties sur le front principal” qui est celui contre les Houthis, a-t-il ajouté.

Le gouvernement yéménite avait appelé jeudi l’Arabie saoudite et les Emirats à “faire pression de manière urgente” sur ces partisans d’un Yémen du Sud indépendant “pour empêcher” toute escalade militaire.

Le Yémen du Sud et le Yémen du Nord formaient deux Etats indépendants séparés jusqu’à l’unification en 1990.

Couvant depuis 2004 et éclatant en 2014, le conflit au Yémen est né du sentiment de relégation des tribus du Nord, chiites, qui se sentent délaissées par le pouvoir central.

Le conflit au Yémen a tué des dizaines de milliers de personnes, dont de nombreux civils, selon diverses organisations humanitaires.

Environ 3,3 millions de personnes sont toujours déplacées et 24,1 millions, soit plus des deux tiers de la population, ont besoin d’assistance, selon l’ONU qui parle de pire crise humanitaire au monde.

Ce sinistre bilan est en grande partie à imputer à l’intervention de l’Arabie saoudite et de ses alliés sunnites à partir de mars 2015, motivés par la lutte contre l’influence de l’Iran dans la région du Golfe.

Source: AFP

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