Obscurantisme. Prétextant une purge, Erdogan éradique toute opposition, déjà plus de 300 000 livres détruits.

Erdogan détruit les livres comme dans Fahrenheit 451/Wikimedia Commons
Erdogan détruit les livres comme dans Fahrenheit 451/Wikimedia Commons

Ray Bradbury craignait que le monde ne sombre dans la destruction de la culture dans Faherenheit 451, son cauchemar est aujourd’hui devenu réalité en Turquie, où le dictateur Recep Tayyip Erdogan, prétexte une purge pour annihiler toute opposition.

La dictature islamiste détruit tout ce qui pourrait avoir de près ou de loin un lien avec le coup d’Etat manqué de 2016, et de celui qui est désigné comme son commanditaire: Fethullah Gülen. Celui-ci a d’ailleurs toujours nié en avoir été l’inspirateur.

Le totalitarisme islamique est revendiqué, le ministre de l’Éducation Ziya Selçuk vient de donner un chiffre effrayant, en l’espace de trois ans, il a fait retirer des écoles et des bibliothèques 301.878 livres et les a détruits. D’après The Guardian, le ministre a justifié cette destruction par le rejet de son bouc-émissaire.

Une censure qui n’a pas peur d’aller jusqu’au plus ridicule, comme l’explique le site Turkey Purge qui rapporte qu’en 2016, un livre de mathématiques aurait été interdit au motif que les initiales de Fethullah Gülen, apparaissaient dans un exercice de géométrie qui mentionne une ligne allant “du point F au point G”.

Dès décembre 2016, le journal BirGün avait fait savoir que 1,8 million de manuels scolaires de niveau de la classe de sixième avaient été retirés du circuit car ils faisaient mention de la Pennsylvanie, État où est réfugié en Amérique Fethullah Gülen.

Dans tout le pays, on change le nom des rues, rues Gulen deviennent rues du “sourire” à Istanbul ou de la rue Kandil devient “rue de la lampe à huile” au prétexte que les Kurdes du PKK ont pour refuge les monts Kandil en Irak…

Une situation terrifiante qui inquiète, l’association internationale des écrivains, le Pen Club, déplore qu’“en à peine trois ans, l’édition turque a été décimée”. Vingt-neuf maisons d’édition ont dû cesser leur activité à cause de l’état d’urgence et du gouvernement qui les accusent de “faire le jeu de la propagande terroriste”.

Dans une enquête de 2018, la même association explique que dans la foulée de ce coup d’État, 200 médias ont dû mettre la clé sous la porte, 80 journalistes ont fait l’objet d’enquêtes et de poursuites et 5822 universitaires ont été bannis de 118 universités publiques.

Les doutes sur l’authenticité de ce coup d’Etat sont toujours présents, et beaucoup accusent Erdogan d’avoir fomenter cette opération pour renforcer son pouvoir et d’en profiter pour étouffer ses opposants, coupable ou pas, ce coup d’Etat est l’alibi parfait pour anéantir toute opposition.

Source: Le Figaro

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