En Allemagne, on donne aux migrants des cours sur le consentement des femmes

Image d'illustration/CC Flickr Daniela Brown
Image d'illustration/CC Flickr Daniela Brown

Sur la demande de la commissaire allemande à l’intégration, Annette Widmann-Mauz (CDU), des cours d’éducation sexuelle sont plus largement proposés aux immigrés, à la suite d’une affaire de viol collectif à Fribourg, dans laquelle 10 des 11 suspects sont des immigrés.

Un exemple, à Berlin. Dans une salle de classe, quelques “élèves” regardent une vidéo d’un homme et d’une femme se rencontrant dans une boîte de nuit. Ils boivent, rient, dansent et s’embrassent. Le ton change rapidement lorsque l’homme ramène la fille à la maison, verrouille la porte et, lorsqu’elle tente de partir, il la viole.

À la fin de la séance, sept hommes, tous dans la trentaine, venus de Syrie, d’Irak ou d’Afghanistan, sont invités à réagir et à commenter. Ils discutent alors de la vidéo dans un mélange d’allemand et d’arabe.

Elle a trop bu, ils couchent ensemble“, dit l’un d’eux, convaincu que l’homme dans la vidéo a profité de l’ivresse de la jeune femme pour abuser d’elle. “Il savait très bien ce qu’il voulait“, dit un autre.

Les participants à cette formations de quatre heures intitulé “Ensemble pour la sécurité” se sont tous inscrits volontairement.

Plusieurs cas de viols commis par des migrants en Allemagne ont eu des répercussions médiatiques et sociales, depuis l’afflux massif d’un million de demandeurs d’asile, à partir de 2015.

Le nombre de crimes sexuels commis par des étrangers a augmenté de 15% en 2018, soit 6046 infractions contre 5258 en 2017, selon les chiffres officiels de la police fédérale. Ces statistiques démontrent un fiasco de l’intégration d’un grand nombre de migrants, surtout des hommes jeunes et célibataires originaires de pays où les normes occidentales sont considérées comme laxistes.

En Norvège, les migrants ont été obligés entre 2013 et 2015 de suivre ces formations, après plusieurs affaires sordides de viol impliquant des réfugiés.

A Berlin, les formations sont organisés justement par l’association norvégienne Hero, qui gère plusieurs foyers pour migrants en Allemagne.

Les sujets abordés dans l’atelier sont vastes, avec des questions telles que: Comment savoir si une femme est consentante? Et comment réagissez-vous si elle ne l’est pas?

Des conseils sont donnés aux immigrés en provenance de pays où les manifestations d’affection sont interdites en public, où les garçons et les filles fréquentent souvent des écoles séparées et le viol au sein d’un couple n’est pas considéré comme un crime.

L’une des courtes vidéos de l’atelier explique la différence entre les rapports sexuels consensuels et le viol.

C’est comme demander à quelqu’un s’il veut une tasse de thé“, dit la voix off en anglais. “Si elle répond ‘Oui, je veux bien’, c’est qu’elle en veut un. Si elle hésite, vous pouvez préparer le thé et demander à nouveau. Et si elle dit ‘Non, merci’, vous ne faites pas le thé et vous ne vous fâchez pas. C’est la même chose avec la sexualité“, conclut la vidéo.

Dans une autre vidéo, on leur montre à quelle distance ils peuvent se tenir sans envahir l’espace personnel de quelqu’un. “Il ne faut pas trop s’approcher de la personne à qui l’on parle. De même avec les enfants, ils n’aiment pas nécessairement être touchés (par des étrangers)“.

Beaucoup de ceux qui suivent le cours admettent qu’il ne serait pas évident de signaler un viol ou un abus à la police, surtout si l’auteur du viol était un parent.

Dans notre pays, nous avons deux lois: celle de l’État et celle de la famille, du clan“, dit un participant.

Le professeur Heinz-Juergen Voss, professeur de sexologie à l’Université de Merseburg, souligne que c’est précisément parce que “les différences de culture et de coutumes existent” que cette formation est “utile”. Il estime que les stages devraient être proposés aux réfugiés dans toute l’Allemagne.

Cependant, les associations pro-immigrés, souvent orientées politiquement à gauche, expriment des réserves. Ils considèrent qu’il s’agit là d’un forme d’oppression, un moyen détourné d’imposer aux immigrés les valeurs et les normes de la société occientale.

Nous apprenons les valeurs et les normes mieux dans la vie de tous les jours qu’en classe. Le contact avec les gens, le soutien scolaire et l’accès au marché du travail sont les meilleures clés de l’intégration et de la prévention“, affirment les activistes.

Source: AFP

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