La fusillade à Ollioules était le dernier épisode d’une guerre entre les trois clans qui se disputent le marché local de la drogue.

Scène de la fusillade/DR
Scène de la fusillade/DR

“Un guet-apens”, sur fond de “guerre des clans”: la piste du règlement de compte ne faisait plus guère de doute lundi, moins de 24 heures après la fusillade qui a fait trois morts, dont une vacancière touchée par une balle perdue, à Ollioules (Var).

Ca ressemble à un guet-apens, et le règlement de compte est privilégié, au vu du mode opératoire et de la personnalité des victimes” visées par les tirs, dans cette station de lavage d’Ollioules, a affirmé lundi après-midi le procureur adjoint de Toulon, Dominique Mirkovic.

Agés de 29 et 30 ans, ces deux hommes de La-Seyne-sur-Mer et d’Ollioules ciblés par les tueurs étaient connus des services de police et de la justice, avec des faits de violences et de violences aggravées pour le premier, des délits liés au trafic de stupéfiants pour le second, ce qui lui avait valu une condamnation à 18 mois de prison, en 2017.

Près des corps des deux hommes, prénommés Wissem et Woigdi, décédés à l’hôpital, les enquêteurs ont trouvé une sacoche contenant un pistolet automatique 7.65, 200 grammes de résine de cannabis prête à la vente et des espèces. “Le pistolet était chargé”, mais aucune balle n’était engagée dans le canon de l’arme, a précisé le magistrat.

La troisième personne décédée est, elle, une victime collatérale, une vacancière de 58 ans qui circulait à scooter avec son mari et a été victime d’une balle perdue, comme son époux. Si cette femme est décédée sur le coup dimanche, vers 20H30, son mari, 59 ans, était sauvé lundi. Son pronostic vital n’est plus engagé.

Ce couple de quinquagénaires de Vesoul (Haute-Saône) venait d’arriver dans la commune, dans leur résidence secondaire. Leurs enfants les avaient rejoints pour trois semaines de vacances. Catherine Santos avait créé une entreprise de retraitement de fromage, à Mailley-Chazelot. Elle avait également été juge consulaire au tribunal de commerce de Vesoul. Son mari est directeur produit d’une entreprise de fabrication de fils d’acier à Conflandey.

Vingt-neuf étuis de 7.62, un calibre utilisé dans les fusils d’assaut de type Kalachnikov, 15 étuis de calibre 9 mm, tirés par un pistolet automatique ou un pistolet mitrailleur: les deux tireurs recherchés par les enquêteurs étaient lourdement armés, au vu du nombre de douilles retrouvées sur place, dans la station de lavage.

Arrivés par l’arrière du site, après avoir traversé à pied la petite rivière qui traverse Ollioules, les tireurs n’ont laissé aucune chance à leurs cibles, qui n’ont pas eu le temps de prendre la fuite. “C’était une rafale de mitraillette. Des armes de guerre, c’est dingue“, dit un riverain.

Cette fusillade est en fait le dernier épisode d'”une guerre des clans, entre les trois clans qui se disputent le marché local de la drogue“, avec pour épicentre la cité Berthe, à La-Seyne-Sur-Mer. A 1500 m à peine des lieux du drame.

Pour Fréderic Piquel, secrétaire départemental du syndicat policier Alliance, cette fusillade à Ollioules est due au fait que “le trafic (de drogue) s’exporte vers des endroits plus calmes. Là où les policiers sont moins nombreux” que dans les cités de Toulon, La Seyne-sur-Mer ou Hyères.

Source: AFP

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