Communisme 2.0. Le Wifi arrive enfin dans les foyers cubains, mais toujours sous étroite surveillance

Cubains utilisant le Wifi à la Havane/Wikicommons
Cubains utilisant le Wifi à la Havane/Wikicommons

Dès aujourd’hui, les Cubains peuvent importer des routeurs et créer des réseaux Wifi privés. Mais cet accès reste bien sûr sous contrôle total du gouvernement, qui y voit toujours un moyen de défendre la révolution.

Depuis ce lundi 29 juillet, finie l’obligation d’aller sur une place publique, les Cubains peuvent enfin avoir le Wifi chez eux. Une mesure qui sous couvert de développer la présence d’Internet sur l’île de Cuba, est une manière de renforcer le contrôle du pouvoir en place.

Le secteur des télécommunications est sans aucun doute celui qui a le plus évolué depuis un an à Cuba, jusqu’alors l’un des pays les moins connectés au monde.

Il ne faut pas trop rêver non plus, si les Cubains peuvent désormais importer des routeurs et créer des réseaux Wifi privés, ils resteront connectés au signal des hotspots de l’opérateur d’État, Etecsa, après avoir fait enregistrer légalement son matériel.

Dans un pays aux magasins alimentaires vides, Internet restera un produit de luxe. Cela coûtera un dollar de l’heure, un tarif exorbitant alors que le salaire mensuel moyen est de 50 dollars. Le premier forfait 3G est lui à 7 dollars pour 600 Mégaoctets.

Internet a toujours été sous haute surveillance des autorités, et le restera, les sites susceptibles de ne pas faire l’apologie du régime sont systématiquement bloqués.

Signe de cette volonté de contrôle de l’information, un ensemble de décrets et mesures, publiés début juillet au Journal officiel cubain appelle à un “usage responsable des citoyens”.

Défendant la nécessité d'”éduquer” la population, Ernesto Rodriguez Hernandez assure : “Cela ne sert à rien de fournir un service d’Internet à ceux qui ne savent pas (…) faire la différence entre ce qui est utile et nuisible, car tout ce qui est sur Internet n’est pas bon”.

Exactement les mêmes mots, des récentes lois françaises, contre “les fakes news”, contre la “haine”, qui sont tout autant de prétextes pour contrôler l’information, mission dont est chargée tout ministère de la Vérité, avec pour conséquences, exactement les mêmes maux.

Source: France 24

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