De passage à Toronto, la ministre de l’Immigration égyptienne rappelle d’égorger les dissidents

Nabila Makram, ministre de l'Immigration égyptienne/Capture d'écran Youtube
Nabila Makram, ministre de l'Immigration égyptienne/Capture d'écran Youtube

En visite au Canada, la ministre de l’Immigration égyptienne Nabila Makram suscitait depuis plusieurs jours la polémique suite à ses propos explicites suggérant d’égorger les dissidents du régime Egyptien.

“Si quelqu’un dit du mal de notre pays, on lui fait quoi ? On coupe“, a-t-elle lancé en faisant signe de sa main de trancher sa gorge, déclenchant les rires de la salle lors de ce discours tenu dimanche 21 juillet au cours d’une soirée privée réservée aux membres de la diaspora égyptienne de la capitale économique canadienne.

Dans cette séquence, captée par le journaliste canadien d’origine égyptienne Mohamad Nasr, Nabila Makram loue d’abord sa patrie avant d’évoquer la décapitation: “Ce qui réunit les expatriés c’est l’amour de leur pays et ils ne tolèrent pas qu’on le critique ou qu’on en dise du mal”, a-t-elle déclaré en arabe.

Mohamed Kamel, membre du conseil d’administration de la Coalition égyptienne canadienne pour la démocratie, interrogé par Radio-Canada, a estimé mardi que ces propos étaient “très dangereux et inacceptables”.

“Ça nous rappelle l’affaire Jamal Khashoggi” a-t-il fait valoir,en référence au journaliste assassiné et démembré, l’an dernier au consulat saoudien d’Istanbul en Turquie.

Nabila Makram, citée mardi par le compte Twitter de son ministère, s’est dite surprise par la “mauvaise interprétation” de ses déclarations, assurant n’avoir eu aucune intention violente en reprenant des propos lancés par un membre de l’assistance.

L’expression “a été prononcée lorsque la ministre a dit : “quiconque dit du mal de l’Egypte, que lui fait-on ?”, et que quelqu’un dans l’assistance a répondu: “on lui coupe la gorge”, ce qui est une expression commune dans le dialecte égyptien qui signifie une vive colère”, a dit le ministère sur Twitter. Une expression fruit d’une culture pacifique.

Nabila Makram a défendu: “L’Etat protège ses enfants et ne les menace pas”.

Source: Ouest France

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