Enfumage. Fin du numerus clausus? L’objectif: “augmenter de 20%” le nombre de médecins

Image d'illustration/Wikimedia Commons
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Le projet de loi santé a été adopté au Parlement, il porte la fin du numerus clausus pour les médecins, les annonces prétendent que le nombre de médecins ne dépendra plus de l’arbitraire de l’Etat, mais bel et bien des besoins de la population et des capacités de formation des universités. Qu’en est il vraiment ?

L’objectif affiché de la ministre de la santé, Agnès Buzyn est d’ “augmenter de 20 %” environ le nombre de médecins formés, tout en diversifiant leurs profils, grâce à des passerelles entre les cursus et des critères de sélection qui restent à préciser par décret.

Par conséquent, le numerus clausus et le concours couperet limitant le nombre d’étudiants admis en deuxième année de médecine, dentaire, pharmacie et maïeutique (sage-femme) seront supprimés à la rentrée 2020.

Les effectifs d’étudiants en deuxième ou troisième année seront déterminés par les universités, en accord avec les agences régionales de santé, selon les capacités et les besoins des territoires.

On pourrait penser à une bonne nouvelle seulement en réalité la formation des médecins restera assujettie à la décision de l’Etat car si le nombre de places ouvertes dans les filières des études de santé ne sera plus fixé par l’Etat pour chacune des trente-sept facultés françaises.

Il appartiendra aux universités désormais de fixer ce contingentement, en fonction de leurs capacités de formation et des besoins de santé du territoire “sur avis conforme de l’agence régionale de santé [ARS]”, et au regard “d’objectifs nationaux pluriannuels relatifs au nombre de professionnels à former établis par l’Etat”.

En clair il y aura donc toujours un chiffre couperet. Si l’objectif est d’augmenter de 20% le nombre de médecins, alors ce tour de passe-passe des macroniens reviendra en réalité à augmenter tout simplement le nombre de médecins et pas laisser laisser les besoins de la population être au cœur de cette logique.

Car les médecins manquent, et la loi adoptée permettra aux médecins étrangers hors de l’UE d’être régularisée d’ici la fin 2021. Même si la loi veut assouplir le dirigisme de l’Etat, le numerus clausus est en réalité loin d’avoir sauté, et le coût de la santé restera élevé pour tous les français.

Source: Le Monde

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