En Espagne, un employé d’une discothèque condamné pour homicide involontaire d’un voleur. Un vif débat autour de la légitime défense

Affiche de collecte de fonds/Vox
Affiche de collecte de fonds/Vox

Un employé d’une discothèque a été condamné à deux ans de prison en Espagne après avoir poursuivi un voleur et lui avoir asséné deux coups de poing, entraînant sa mort. Condamné pour l’homicide involontaire, son cas suscite un vif débat. 110 000 euros ont été levés pour lui éviter la prison.

Témoin de l’agression d’une femme à qui l’on venait de voler son sac, Borja W. V., employé d’une discothèque, a poursuivi l’un des voleurs et lui a asséné deux coups de poing.

Tombé à terre, le voleur est mort deux jours plus tard des suites d’un traumatisme crânien avec hémorragie cérébrale. Le tribunal de Malaga a condamné Borja à deux ans de prison pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

Le jeune homme doit également verser 180 000 euros d’indemnisation aux deux filles de la victime. Sa condamnation a été confirmée en appel en avril.

Largement médiatisée, l’affaire a pris une tournure politique lorsque le parti Vox a lancé une collecte des fonds pour aider Borja à payer l’indemnisation afin de lui éviter une incarcération.

En Espagne, les personnes condamnées à des peines allant jusqu’à deux ans de prison ne vont généralement pas en prison (c’est aussi le cas en France). Mais le tribunal menaçait de l’incarcérer s’il ne versait pas les 180.000 euros.

Mardi, le parquet s’est prononcé en faveur de la suspension de la peine de prison et de l’étalement du paiement de l’indemnisation sur cinq ans. Le juge doit encore prendre sa décision.

Vox a réussi à récolter au moins 110 000 euros. Borja “est un héros, un exemple pour la société espagnole, qui peut finir en prison pour avoir aidé une femme“, a-t-il déclaré l’un de ses dirigeants, Ivan Espinosa de los Monteros.

L’argent récolté par Vox sera directement versé au tribunal, a assuré l’avocat du condamné, Alfredo Herrera.

La gauche et l’extrême-gauche, avec une constante idéologique qui les fait se prononcer systématiquement contre la légitime défense, a dénoncé une “instrumentalisation politique” de l’affaire. Pour eux, vouloir se défendre ou défendre quelqu’un c’est du …fascisme!

Ce n’est pas de la légitime défense que de tuer quelqu’un à coups de poing après l’avoir poursuivi pour récupérer un sac volé et ensuite partir sans appeler la police. Prétendre légaliser la conduite de l’affaire Borja ne peut qu’aboutir au fascisme citoyen“, a ainsi écrit sur Twitter Joaquim Bosch, porte-parole du syndicat Juges pour la démocratie, classé à gauche (l’équivalent espagnol du Syndicat de la magistrature).

Source: AFP/El Mundo

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