Les Vikings n’étaient pas très écolo. Ils ont rasé les forêts en l’Islande

Statue de Leif Erikson à Reykjavik/Pxhere
Statue de Leif Erikson à Reykjavik/Pxhere

Avant sa colonisation par les Vikings, l’Islande était hérissée de forêts faisant rempart contre les tempêtes, mais les redoutables guerriers ont tout rasé et l’île reboise aujourd’hui à marche forcée, au nom de la biodiversité et du climat.

Les forêts en Islande sont rares et jeunes, représentant péniblement 0,5% du territoire du pay. L’Islande est considérée comme le pays le moins boisé d’Europe.

La faute aux Vikings: lorsque, venus de Norvège, ils ont conquis cette terre inhabitée de l’Atlantique Nord à la fin du IXe siècle, les forêts majoritairement peuplées de bouleaux touffus en recouvraient plus d’un quart.

Mais les colons ont eu la hache facile et, en l’espace d’un siècle, ils ont transformé les forêts en pâturages et le bois en maisons. “Nous avons perdu 97% des forêts d’origine depuis 1000 ans“, souligne Adalsteinn Sigurgeirsson, le directeur adjoint du Service forestier islandais.

Il ne faut pas oublier un climat rigoureux et l’activité volcanique qui expose périodiquement le sol aux cendres, à la lave et aux gaz. Depuis les années 1950 et surtout 1990, le paysage de l’Islande retrouve un peu de sa verdeur originelle grâce à un ambitieux plan de reboisement. On replante à tout-va.

Car le gouvernement islandais a fait du boisement l’une des priorités de son nouveau plan d’action pour le climat publié en septembre 2018. Les motivations idéologiques en vogue n’y son pas étrangers. Objectif: réduire de 40% d’ici 2030 ses émissions nettes de gaz à effet de serre pour atteindre les engagements pris à la COP21, et enrichir l’écosystème local.

Des dizaines de pépinières produisent à travers tout le pays. Celle de Kvistar, à une centaine de kilomètres de Reykjavík, fait sortir de terre jusqu’à 900 000 pins et peupliers par an.

Mais les sols islandais sont pauvres en azote et le processus de maturation est très lent. Le taux de croissance représente en moyenne 1/10e de celui observé en Amazonie.

Paradoxalement, les arbres peuvent désormais compter en Islande sur ce même dérèglement climatique que les gouvernements du monde entier s’emploient à combattre. “Ce qui a principalement nui à la croissance des forêts ici, ce sont les températures basses et la fraîcheur des étés. Mais nous nous rendons compte que cela change à cause du réchauffement planétaire“, note Adalsteinn Sigurgeirsson.

Le réchauffement semble augmenter la croissance des arbres en Islande et par conséquent aussi le taux de séquestration du carbone.” Il a aussi permis l’apparition d’une nouvelle biodiversité avec la colonisation récente d’espèces d’oiseaux comme le hibou grand-duc ou la bécasse des bois.

Depuis 2015, entre trois et quatre millions d’arbres ont été plantés en Islande, soit l’équivalent d’environ 1000 hectares. Sur la même période, 6 à 7 millions d’hectares ont été plantés en Chine.

Source: AFP

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