Ils veulent plus de contrôle! Les ministres des Finances du G7 mettent des bâtons dans les roues du Libra, la cryptomonnaie de Facebook

Image d'illustration/Pixabay
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Les ministres des Finances du G7 ont jeté une ombre mercredi sur l’avenir du projet de “cryptomonnaie stable” Libra de Facebook en prévenant que cet instrument ne pourrait être lancé tant qu’un cadre réglementaire ad hoc n’aurait pas été défini.

Libra est un projet de cryptomonnaie initié par Facebook et rejoint par 28 grandes entreprises et ONG tels que Visa, Mastercard, PayPal, Ebay, ou encore le français Iliad (Free). La monnaie ne sera pas gérée par Facebook mais par une fondation sans but lucratif, basée à Genève dont Facebook ne sera qu’une des organisations partenaires.

De manière à rassurer et garder un cours stable, à chaque achat de cette nouvelle monnaie, la fondation adossera l’équivalent en réserve en titres gouvernementaux ou en devises. Facebook développera un porte-monnaie électronique et une plateforme de services autour de cette monnaie, appelée Calibra. Sa blockchain est gérée par des logiciels open source.

Depuis la présentation de cette initiative, régulateurs, banquiers centraux et gouvernements à travers le monde ont tour à tour fait part de leurs réserves, évoquant notamment les risques en matière de lutte contre le blanchiment, de protection des données ou de sécurité des transactions.

Mais les responsables politiques craignent également de voir des géants du numérique disposant d’une capitalisation parfois supérieure à la richesse de certains pays empiéter sur les prérogatives des Etats.

Aujourd’hui, je le dis très clairement, les conditions ne sont pas réunies pour que cette monnaie Libra telle qu’elle a été proposée par Facebook puisse être en fonction”, a dit Bruno Le Maire à la presse à l’ouverture du G7 Finances qu’il accueille à Chantilly (Oise), une réunion largement consacrée aux défis posés par l’économie numérique.

Il faut donc réfléchir “soit à un encadrement, soit à une régulation” fixant les conditions indispensables à la mise en place de cet “instrument d’échange” qui ne peut en aucun cas disposer des mêmes attributs qu’une monnaie souveraine, a expliqué le ministre.

Du côté des banquiers centraux, on met l’accent sur la nécessité pour Facebook de demander une licence bancaire s’il décidait, comme il en a laissé poindre l’intention, d’offrir des services bancaires dans le cadre de ce projet.

Certains banquiers centraux estiment également que l’anonymat des transactions condamne le projet puisque la régulation impose aux acteurs du secteur financier de recueillir un minimum d’informations sur leurs clients.

Source: Reuters

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