Un camouflet pour la candidate de Merkel. Une très courte majorité pour Ursula von der Leyen élue présidente de la Commission européenne

Ursula von der Leyen/European Parliament
Ursula von der Leyden/European Parliament

Ursula von der Leyen, la candidate de Macron et de Merkel a été élue mardi présidente de la Commission par le Parlement européen à une courte majorité, par 383 voix contre 327. Elle devait en obtenir 374. Son prédécesseur, Jean-Claude Juncker, avait recueilli 422 voix sur les 376 nécessaires en juillet 2014.

La  candidature, fruit d’un compromis franco-allemand, avait été fraîchement accueillie par le Parlement, vexé que les candidats proposés par ses principaux groupes politiques aient été écartés par les chefs d’Etat et de gouvernement.

Fort du soutien de PPE et Renaissance (le groupe centriste où siège La République en marche), Ursula von der Leyen a été obligée de donner des gages à la gauche pour obtenir son soutien. Le groupe des sociaux-démocrates, plus divisé, s’est in fine prononcé en sa faveur par une majorité des deux tiers.

Elle s’est engagée à ce que l’UE devienne “le premier continent neutre sur le plan climatique à l’horizon 2050” et à fixer un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre “de 50, voire 55% d’ici 2030” au lieu des 40% actuellement prévus.

Elle a proposé la transformation d’une partie de la Banque européenne d’investissement en “banque du climat” dotée d’une capacité d’investissement d’un milliard d’euros sur les dix prochaines d’années, une proposition d’Emmanuel Macron dans la campagne.

Elle s’est prononcée pour la création d’un “fonds de transition destiné à soutenir ceux qui sont le plus touchés” par les mesures en faveur du climat et pour une taxe carbone aux frontières, serpent de mer que ses partisans, dont les présidents français successifs depuis Nicolas Sarkozy, n’ont jamais réussi à imposer à leurs partenaires.

Elle s’est prononcée pour un salaire minimum dans tous les pays de l’UE et pour un “fonds de réassurance chômage” destiné à soutenir les économies des pays touchés par un “choc extérieur”.

Elle s’est efforcée de rassurer les sociaux-démocrates, amers d’avoir vu leur candidat à la tête de la Commission, le Néerlandais Frans Timmermans, en être écarté du fait de l’opposition des gouvernements hongrois et polonais dont il avait “combattu les écarts vis-à-vis des règles démocratiques”.

Sur la question hautement inflammable de l’immigration, elle s’est engagée à “réduire les migrations irrégulières, lutter contre les passeurs, améliorer le droit d’asile et aider les réfugiés”, tout en appelant à plus de “solidarité avec les pays les plus exposés”, à savoir ceux du bassin méditerranéen.

Le collège de 28 commissaires (dont elle-même, soit un par Etat membre) qu’elle va devoir constituer, sur la base des candidats proposés par les Etats, fera l’objet d’un second vote du Parlement, à l’automne, après que les eurodéputés auront auditionné chacun des postulants.

Source: Reuters/Informations européennes

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