Après plusieurs échecs retentissants, surendetté, Luc Besson cède EuropaCorp à un fonds américain

Luc Besson/Wikimedia Commons
Luc Besson/Wikimedia Commons

Après des semaines de discussion, Luc Besson a refusé l’offre du groupe français Pathé. Le producteur-­réalisateur a préféré confier le destin de sa société ­EuropaCorp à Vine, le financier américain auquel il est lié par une dette de près de 100 ­millions.

Le producteur français Luc Besson a décliné l’offre de Jérôme Seydoux de rachat de sa société EuropaCorp et s’est tourné vers le fonds new-yorkais Vine. Le scénario s’est ­dénoué le 3 juillet dans le bureau de ­l’administratrice judiciaire Hélène ­Bourbouloux. L’accord conclu entre Besson et son nouvel ami américain doit encore être ­validé par le juge du tribunal de commerce de Bobigny.

Le 13 mai, en plein Festival de Cannes, les dirigeants du groupe français demandaient en effet l’ouverture d’une procédure de sauvegarde. Elle devait donner six mois à Luc Besson pour trouver un accord avec ses banques et surtout, un repreneur.

La cause de sa difficulté financière réside dans des projets financièrement risqués, dans lesquels EuropaCorp s’était lancé, comme l’exploitation cinématographique avec ses deux salles rachetés par Pathé, et la Cité du cinéma ou le gouffre financier est fort de près de 160 millions d’euros, dont une partie d’argent des contribuables.

Mais aussi et surtout sur ses échecs commerciaux: le plus grand gouffre est généré par la méga-production Valerian. Et son dernier film, Anna, sorti le 10 juillet, ne signe qu’un début timide en France. Luc Besson y a d’ailleurs fait “effacer” les apparitions de son ancienne petite-amie Sand Van Roy qui l’accuse de viol.

Depuis le rachat de Gaumont à son frère, il y a deux ans, Jérôme ­Seydoux, 85 ans, est à l’affût de nouvelles bonnes opportunités dans le domaine cinématographique. Pathé se rêvait donc a participer au rachat, car il avait déjà négocié avec EuropaCorp par le passé.

Seydoux trouvait aussi séduisante la perspective de garder Besson dans la grande famille du cinéma français. Proche de Claude Berri, mort en 2009, il s’était pris à rêver d’un nouveau duo gagnant pour la production nationale.

Cette fois, c’est sur l’épais catalogue de films signés Besson que Pathé lorgnait. Il serait venu compléter sa propre bibliothèque cinématographique, déjà forte de plus de 800 titres. “Ce catalogue est le premier actif de la société et celui qui pèse le plus lourd face à la dette, dans la négociation avec les banques”, décrypte un proche du dossier.

L’autre atout de l’entreprise réside dans les projets du réalisateur-­producteur Besson. Le Français reste “bankable” vis-à-vis de ­l’industrie du cinéma, et ce, malgré ses échecs retentissants.

Craignant une perte d’influence dans la fusion avec Pathé, Besson s’en remet au groupe new-yorkais. La prise de contrôle du groupe Vine est une première dans le cinéma français, fondé en 2006, le fonds de gestion alternative basé à New York a déjà injecté 700 ­millions de dollars dans ­l’industrie du ­divertissement. Convertir en parts de capital les créances du groupe français est certainement une bonne affaire pour l’américain. Mais le fond n’est pas un spécialiste d’entreprise en difficultés, et l’avenir d’EuropaCorp reste donc fragile.

Source: Le Journal du Dimanche

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