En prison pour vouloir protéger les frontières de son pays? Le procès des membres de Génération identitaire pour leur action dans les Alpes

Image d'illustration/Facebook
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Six mois de prison requis devant le tribunal correctionnel de Gap contre des membres de Génération identitaire pour leur opération le 21 avril 2018 dans les Alpes visant à bloquer un point de passage pour les immigrés clandestins venus d’Italie.

Le procureur, Raphaël Balland, a requis cette peine, la moitié de la peine encourue, contre Clément Galant, 24 ans, président de Génération identitaire; son porte-parole Romain Espino, 26 ans, et un organisateur actif, Damien Rieu, 29 ans, aujourd’hui attaché parlementaire du député apparenté RN Gilbert Collard.

Le procureur a aussi demandé une suspension de cinq ans de leurs droits civiques. Il a requis l’amende maximum de 75 000 euros contre l’association elle-même, pas exagérée selon lui au vu des moyens conséquents déployés pour l’opération de 2018.

Présent à l’audience, Clément Galant, conducteur de travaux à temps partiel, a fait usage de son droit au silence, sauf pour dénoncer “un procès qui n’est rien d’autre que politique”. “Nous n’avons jamais dit que nous prenions la place de la police (ou d’une autre) autorité. C’était une action pacifique”, a-t-il seulement ajouté.

Le 21 avril 2018, Génération identitaire avait monté une spectaculaire opération au col de l’Échelle, point de passage de nombreux immigré clandestins dans les Hautes-Alpes. Une centaine de personnes vêtues de la même doudoune bleu clair, deux hélicoptères de location, une banderole géante, et une “frontière symbolique” matérialisée dans la neige par des grillages en plastique.

Sous la même bannière “Defend Europe”, les identitaires avaient déjà affrété un navire en Méditerranée en 2017 pour protester contre l’immigration en provenance d’Afrique.

Dans les semaines suivantes, des membres de Génération identitaire avaient patrouillé cette portion de la frontière, surtout de nuit, en signalant à la gendarmerie les tentatives d’intrusion depuis l’Italie, en violation de la loi. Ils ont ainsi permis aux forces de l’ordre des interceptions de migrants, souvent aidés, eux, par des passeurs d’associations d’extrême gauche. Une action parfaitement légale, conforme à l’article L 621-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et l’article 73 du code de procédure pénale permettant à tout citoyen d’appréhender l’auteur d’un délit flagrant.

L’infraction commise n’était pas simple à mettre en évidence. Le procureur avait pensé rapidement à l’infraction qu’il a finalement retenue: “activités exercées dans des conditions de nature à créer dans l’esprit du public une confusion avec l’exercice d’une fonction publique” (article 433-13 du Code pénal), mais pensait initialement que le délit ne tenait pas.

Il a changé d’avis en cours d’enquête, mais a convenu jeudi que le tribunal allait “faire jurisprudence” avec son jugement. Selon l’adage soviétique, “donnez-moi l’homme, je me débrouille pour trouver un motif de condamnation”.

Le magistrat s’est attaché à démontrer que les militants se sont arrogé une mission “d’enquête” lors de leurs maraudes, et presque de “police judiciaire” en recherchant ceux qui aident les immigrés clandestins.

L’avocat de Génération Identitaire, Me Pierre-Vincent Lambert, a plaidé la relaxe. Hors du prétoire, il a ensuite jugé les réquisitions “délirantes”. “Il est allé chercher très très loin pour avoir quelque chose à reprocher à mes clients”.

Clément Galant a indiqué qu’il y aurait appel en cas de condamnation. “Nous sommes des militants, nous n’abandonnerons pas notre idéal politique“, a-t-il assuré. Avec deux amis, il est sorti du tribunal sous les insultes d’un petit groupe de militants pro-migrants d’extrême-gauche.

Tandis que l’action de Génération identitaire était pacifique, le 22 avril 2018, une centaine de militants pro-migrants d’extrême-gauche avaient franchi la frontière franco-italienne avec une trentaine de migrants, en s’attaquant aux forces de l’ordre. Sept d’entre eux avaient été condamnés, dont deux à de la prison ferme.

Le jugement sera rendu le 29 août.

Depuis le début de l’année, 1155 personnes en situation irrégulières ont été remises aux autorités italiennes en procédure de non admission dans les Hautes-Alpes, après 3787 en 2018.

Source: AFP

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