Cocorico! Emmanuel Macron inaugure le Suffren, nouveau sous-marin nucléaire de classe Barracuda

Le Suffren/Capture d'écran
Le Suffren/Capture d'écran

Le chef de l’Etat est aujourd’hui à Cherbourg pour le lancement du “Suffren” un sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) de nouvelle génération, plus discret et plus polyvalent que l’ancienne génération.

C’est une bonne nouvelle pour l’armée française, le nouveau sous-marin ravi tout le monde, et pour cause, il est considérablement plus puissant que ses prédécesseurs de classe Rubis. “On passe de la (Peugeot) 207 à la Formule 1“, résume le capitaine de vaisseau Bertrand Dumoulin, porte-parole de la Marine nationale.

Ce colosse d’acier noir d’une longueur de 99 mètres doit son nom à Pierre-André Suffren, amiral s’étant illustré contre les Anglais au XVIIIe siècle. La mise à l’eau proprement dite n’aura lieu que fin juillet, avec trois ans de retard, avant des essais à quai, puis en mer, et sa livraison à la Marine nationale à Toulon avant l’été 2020.

C’est le premier exemplaire d’une série de six nouveaux SNA, d’un coût de 9,1 milliards d’euros, le programme Barracuda, vise à remplacer les six sous-marins de classe Rubis entrés en service à partir du début des années 1980. Un premier Rubis, le Saphir, vient de rejoindre Cherbourg pour y être désarmé.

Les Barracuda, dont le dernier devrait entrer en service en 2030, sont beaucoup plus imposants que leurs prédécesseurs avec 5300 tonnes en plongée contre 2670 pour les Rubis et offrent un “vrai saut générationnel” à la Marine nationale, observe Patrick van den Ende, spécialiste des sous-marins.

Le Suffren pourra naviguer jusqu’à 70 jours en parfaite autonomie à 350 mètres de profondeur. Sa discrétion devrait être “presque 10 fois” supérieure à celle des Rubis, selon Bertrand Dumoulin. Mais aussi adieu au périscope, élément emblématique de la guerre sous la mer. Pour voir ce qu’il se passe à la surface, plus de tube coulissant traversant la coque, ce qui en faisait un point de vulnérabilité, mais des caméras placées en haut d’un mât qui retransmettent les images sur les écrans des sous-mariniers.

Un hangar de pont amovible permettra de déployer les Commandos Marine. “C’est une base avancée secrète et immergée pour les nageurs de combat et leur équipement, dont un mini-sous-marin”, explique Bertrand Dumoulin.

Et il aura enfin la capacité de tirer des missiles de croisière navals (MdCN), d’une portée de 1.000 kilomètres, contre des cibles terrestres. Ce qui améliore grandement les capacités de frappe françaises comme l’explique le général Lecointre: “S’il devait se reproduire un raid du type de celui que nous avons dû conduire lors de l’opération Hamilton, commandée par le président de la République l’an dernier contre des installations chimiques en Syrie, on pourrait employer ce type d’armes tirées à des centaines de kilomètres depuis le dessous de la mer“.

Son lancement intervient dans un contexte d’augmentation mondiale du nombre de sous-marins (+6% en 5 ans). Il y en aujourd’hui plus de 450. Si les Etats-Unis, la Russie, la Chine et le Royaume-Uni sont les seuls avec la France à être dotés de SNA, de nombreux pays renouvellent leur flotte conventionnelle (Inde, Australie) et d’autres s’en dotent pour la première fois (Malaisie, Bangladesh, Vietnam). Les pays d’Asie du Sud-Est trouvent dans les sous-marin un moyen efficace pour se protéger de la menace grandissante de la Marine chinoise.

Proposé aux Pays-Bas, le Barracuda est déjà un succès à l’export dans une version à propulsion diesel-électrique: 12 exemplaires ont été vendus à l’Australie.

Source: AFP

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