Le Général Bosser, un chef “a hauteur d’hommes”, fait ses adieux à l’armée

Chef d'état-major de l'Armée de Terre Jean-Pierre Bosser/DR
Chef d'état-major de l'Armée de Terre Jean-Pierre Bosser/DR

Le Chef d’État-major de l’Armée de Terre, le Général Jean-Pierre Bosser quitte ses fonctions à 59. Une cérémonie d’adieu aura lieu aux Invalides ce jeudi en son honneur.

Avant d’être nommé à la tête de l’Armée de terre en 2014 par le ministre Jean-Yves Le Drian, le général Bosser aura commandé la 11e brigade parachutiste puis la très discrète Direction de la protection et de sécurité de la défense (DPSD, ex-sécurité militaire), l’une des composantes de la communauté française du renseignement.

Quand le général Bosser prend son poste en 2014, l’armée de terre est alors en pleine déflation. Des plans prévoient la réduction de l’armée à 100 000 hommes, une armée qui “tiendrait dans le stade de France”. Dès sa prise de poste, il se livre à une ambitieuse restructuration de l’armée de terre.

Son plan intitulé “Au contact” prévoit le grand retour du soldat dans la cité. Un renforcement des la présence militaire sur le territoire national pour contrer des menaces graves. Les attentats de l’année 2015 donneront un caractère prémonitoire au plan du général Bosser, après Charlie, 10 000 militaires sont déployés dans les rues en quatre jours dans le cadre de l’opération “Sentinelle”. Et à la suite du Bataclan, François Hollande stoppera la déflation d’effectifs.

Le CEMAT Bosser (Chef d’état-major de l’Armée de Terre) aura permis a l’armée de regagner 12% de ses effectifs. Il demande de “combattre l’insatisfaction et de générer de l’optimisme” ce qui se traduit par le plan “Scorpion”, qui modernise l’armée en permettant une plus grande connectivité en “pensant aux guerres de demain”.

C’est par son action que le général Bosser a voulu redonner “l’esprit guerrier”. Loin des discours aseptisés sur les “soldats de la paix” ou la “conquête des cœurs et des esprits”, le général s’inspire du “fighting spirit” britannique. Cet esprit est bienvenu dans les rangs. Loin de la caricature du militaire “tradi” il souhaite rappeler dans son discours d’adieu que si “les traditions sont une part de notre âme de soldat et de notre esprit guerrier”, elles doivent “se transformer, évoluer”.

Le combat, il le connait dans son intimité, avec le cancer contre lequel il a lutté et dont il est ressorti vainqueur. Son empathie va à ses hommes blessés, aux orphelins des militaires morts.

Il quitte l’armée pour la Fondation Mérieux qui lutte contre les maladies infectieuses dans une vingtaine de pays démunis. Un tout autre domaine mais toujours habité par cet esprit de combat.

Source : L’Opinion, Le Figaro

 

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