Harcèlement et viol au collège. À 12 ans, il tente de se suicider pour y mettre fin

Collège Françoise Dolto à Marly/Capture StreetView
Collège Françoise Dolto à Marly/Capture StreetView

Un élève de 6e de Marly-la-Ville (Val-d’Oise) est la victime de harcèlement et de viol au collège. Il a fait une tentative de suicide début juin après avoir vécu l’horreur cette année. Ses parents ont déposé plainte.

La situation ne cesse de se dégrader de jour en jour dans les écoles françaises, le harcèlement fait des ravages et ce témoignage intervient moins d’un mois après le suicide d’Evaëlle, une petite fille de 11 ans qui s’est donné la mort pour échapper à son calvaire.

Cet enfer, c’est le quotidien de Louis (le prénom a été changé) au collège Françoise Dolto à Marly-la-Ville. Elève de 6e, il est la cible de harceleurs qui sont allé jusqu’à le violer. Il a ensuite tenter de se suicider, en juin, après une agression, et reste encore aujourd’hui sous traitement et suivi psychologique en raison de tendances suicidaires.

Ce grand garçon (1,78 m) de 12 ans aux yeux bleus évoque ces sévices dont il est victime avec une voix calme et timide: “Ils font le jeu de l’olive. On prend quelqu’un et on cherche à lui mettre un doigt dans l’anus“, révèle t-il. À plusieurs reprises, ses agresseurs lui ont introduit un doigt, un stylo ou un témoin de relais d’athlétisme dans l’anus.

C’est un des jeux auquel s’adonnent quelques-uns de ses camarades de classe. Et ils sont allés encore plus loin un jour de juin dernier, son agression la plus violente: “Il était accoudé à une barre en cours de sport“, raconte sa mère. “Un des gamins est arrivé derrière lui et a plongé ses mains jointes dans son derrière.” C’était si violent, que le short a été troué. “Ça a été très douloureux, car très profond. Je saigne encore beaucoup“, témoigne le garçon.

C’est sans doute cette agression de trop qui va motiver le collégien à mettre fin à ses jours le lendemain, un drame qui sera évité par un pressentiment de sa mère qui quitte son travail prématurément, et découvre en arrivant qu’il a commencé à faire des nœuds avec le tuyau d’arrosage. Les médecins lui expliqueront plus tard qu’il ne s’agit pas d’un appel au secours mais bel et bien d’un projet que son fils a sans doute déjà mûrit depuis plusieurs mois.

Une plainte est ensuite déposée pour harcèlement, cyber-harcèlement, agression sexuelle en réunion dans l’enceinte d’un établissement scolaire. Les faits de viol ont été révélés ensuite. Les quatre élèves concernés sont passés en conseil de discipline. Seuls deux y auraient assisté. Trois ont été exclus. Ils continuent, depuis, de se montrer ostensiblement devant le domicile de Louis.

Louis a été entendu par les gendarmes de la brigade de prévention de la délinquance juvénile dans le cadre de la procédure appelée “Mélanie”. Les médecins de l’Unité médico-judiciaire ont constaté les lésions avérant les faits de viol. Il est alors hospitalisé.

C’est à ce moment que sa mère a eu son téléphone portable en main, elle a pu lire les messages adressés sur son Snapchat: “Bon débarras“, “Si tu reviens, tu vas voir ce qu’on va te faire“. “Non seulement ils l’insultaient, mais en plus ils se vantaient de ce qu’ils lui avaient fait“, s’indigne sa mère.

Ce harcèlement ne date pas d’hier, il avait commencé dès l’école primaire et s’était intensifié dès l’arrivée en 6e. Louis subit bousculades, insultes, coups. Sur le chemin pour aller au cours de sport, on lui jette des cailloux. Dès le mois d’octobre, Louis s’était confié à ses parents. Ils alertent le personnel de l’établissement aussitôt. “Ils nous ont dit: Ne vous inquiétez pas. On s’en occupe. Ça va s’arranger.”

Seulement, les agressions continuent. Le collège est recontacté. Les parents préviennent qu’ils porteront plainte la prochaine fois. Leur fils sombre dans un mutisme. Ils comprennent que le harcèlement n’a pas cessé quand Louis évoque les propos qui visent sa sœur. “Ils ont dit qu’ils allaient la sodomiser“, indique-t-il. Elle était en CM2 cette année. “Du coup, j’ai très peur parce qu’elle rentre au collège l’année prochaine. Je ne voudrais pas qu’elle subisse ça à cause de moi“, ajoute le jeune garçon.

Malgré les faits accablants, l’inspection académique indique que tous les cas de harcèlement sont traités par les établissements: “On ne laisse pas un enfant victime de harcèlement sans l’aider, assure une porte-parole. À partir du moment où le cas est connu, le chef d’établissement prend en charge l’élève. Les parents sont tenus au courant.

Les parents de Louis estiment que ça n’a pas été le cas pour leur fils et les faits abondent dans ce sens. Malgré la langue de bois des autorités, ces faits sont bien souvent sous-estimés et le laxisme et la lâcheté règne bien plus souvent dans les établissements que les paroles en l’air de la hiérarchie académique.

Source : Le Parisien

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