La police abandonnée par l’État. Un rapport parlementaire dénonce les conditions de travail déplorables des forces de l’ordre

Image d'illustration/Capture d'écran Twitter
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Dans un rapport, une commission d’enquête parlementaire dénonce la situation désastreuse et les conditions catastrophiques de vie et de travail des policiers et gendarmes.

Dans un rapport révélé par Le Figaro, des parlementaires pointent du doigt les conditions catastrophiques de vie et de travail des forces de l’ordre qui se seraient “dégradées”. Un “sentiment d’abandon” qui se traduit par des locaux “indignes”, un parc automobile “vieillissant”, le tout créant nécessairement de la “frustration”.

En dehors même du matériel ou des logements vétustes, les policiers et gendarmes interrogés par cette commission dénoncent une mauvaise gestion des ressources humaines.

C’est début février, en plein mouvement des “gilets jaunes”, alors au plus fort de la crise, qu’étaient mobilisés de nombreux effectifs plusieurs week-ends consécutifs, que cette commission a été formée. Elle a d’abord procédé à plusieurs auditions, dont celle du ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, puis elle a lancé, en juin, une consultation à laquelle ont répondu 13 735 gendarmes, policiers nationaux et municipaux, et réservistes. Les deux auteurs du rapport, les députés Christophe Naegelen (UDI-Agir) et Jean-Michel Fauvergue (LREM), ancien patron du Raid, tirent de cette enquête un constat accablant pour l’Etat.

60 % des gendarmes ont déclaré ne pas être satisfaits de l’état de leur logement. De nombreux hommes et femmes “qui servent dans la police ou la gendarmerie travaillent dans des conditions déplorables, générées notamment par la vétusté des bâtiments“, accable Jean-Michel Fauvergue, constatant “un sentiment d’abandon”.

Selon une étude de 2017, citée par le rapport, la direction générale de la police nationale comptabilisait 22% d’immeubles vétustes et 28% pour la préfecture de police. La situation n’est pas plus enviable pour les casernes de la gendarmerie dont 80% ont plus de 50 ans. Toutes les forces de l’ordre semble logées à la même enseigne avec l’État.

L’état du parc automobile “vieillissant” est lamentable. Ainsi, l’âge moyen des véhicules de police est passé de 5,5 à 7,4 ans, entre 2012 et 2018. Les véhicules blindés à roues (VBRG) de la gendarmerie mobile, régulièrement positionnés autour de l’Arc de Triomphe pendant les manifestations de Gilets jaunes, ont en moyenne 45 ans!

Calamiteuse gestion des ressources humaines chez les policiers est qualifiée de “coûteuse et source de frustrations“, avec une “accumulation exponentielle du nombre d’heures supplémentaires“: plus de 123 millions, soit 164 heures par agent, représentant 272,1 millions d’euros, selon un rapport sénatorial de juillet 2018.

Le rapport épingle aussi, sans surprise, la persistance des “tâches indues”, comme la gestion des procurations électorales, évaluées à 8,7% de l’activité des policiers en 2018 (contre 9% en 2017) et “l’alourdissement de la charge procédurale”, un doux euphémisme pour désigner la bureaucratie qui sévit avec une durée moyenne de 28 heures pour rédiger une procédure. “La multiplication de tâches administratives toujours plus chronophages et complexes provoque la frustration” des forces de sécurité.

Source : Le Parisien

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