Salvini contre les ghettos. “Promesse tenue”: le plus grand camp de migrants en Europe, devenu une zone de non-droit, ferme ses portes

Le camp de Mineo/DR
Le camp de Mineo/DR

L’ancien plus grand centre d’accueil de migrants en Europe, situé à Mineo, près de Catane (est de la Sicile), ferme officiellement ses portes en présence de son plus grand détracteur, le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini.

Mineo avait connu un pic de fréquentation en juillet 2014 avec plus de 4100 immigrés hébergés, avant de voir diminuer sa population petit à petit. A l’arrivée de Matteo Salvini au ministère de l’Intérieur, en juin 2018, ils étaient 2500.

Aujourd’hui, il n’y a plus personne. Les soldats italiens interdisent désormais l’accès et scrutent chaque voiture qui passe. À l’origine, les migrants disposaient d’assistance, de conditions sanitaires normales. Mais lorsque leur nombre a dépassé les 3000, les choses se sont gâtées.

Le camp, censée servir de modèle d’accueil pour l’Union Européenne, est petit à petit devenu un ghetto. “Plus de 4000 personnes avec 85 ethnies différentes, quand la ville de Mineo compte environ 5.000 habitants, c’était ingérable!“.

Le camp a vu le jour sur une ancienne base militaire logeant les familles des militaires américains en poste sur la base voisine de Sigonella. L’endroit a des allures de banlieue américaine avec ses 400 petites maisons jaunes et roses alignées.

L’installation du centre dans une telle structure a provoqué l’inquiétude des habitants de la région, souvent des Siciliens dans le besoin. On a reproché aussi aux migrants de casser le marché des travailleurs journaliers au moment de la récolte d’oranges, car ils étaient prêts à travailler sans être déclarés pour 10 à 20 euros par jour.

À contrario, financé sur les deniers publics, le centre a aussi été une manne en employant jusqu’à 400 salariés locaux. De même, comme à chaque fois quand il s’agit de l’argent de l’État on a vu aussi des abus: corruption dans l’attribution de marchés, création des “âmes mortes” pour gonfler les chiffres car chaque migrant avait droit à une somme journalière fixe de l’Etat… Plusieurs enquêtes judiciaires sont en cours, impliquant notamment l’ancienne maire de la commune de Mineo et l’ancien directeur du centre.

En janvier 2019, la police a démantelé une cellule mafieuse nigériane basée au coeur du centre, gérant un trafic de cocaïne et de marijuana ainsi qu’un réseau de prostitution.

Source: AFP

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