Encore une réglementation! “Surdosage = danger. Dépasser la dose peut détruire le foie” devra être estampillé sur les boîtes de paracétamol

Une boîte de Doliprane/Wikimedia Commons
Une boîte de Doliprane/Wikimedia Commons

À cause de risques importants pour le foie, l’ANSM demande aux industriels d’apposer un message de prévention sur les boîtes de paracétamol.

Après “fumer tue” ou encore “mangez 5 fruits et légumes par jour” le nouveau mot d’ordre qui vient s’ajouter à toute cette infantilisation est désormais “surdosage = danger. Dépasser la dose peut détruire le foie”.

La mention sera écrite en lettres majuscules rouges et sera surmontée d’un triangle d’alerte. Pour être tout à fait certain que le message soit visible, on est jamais trop prudent.

Il s’agit d’un message majeur. Nous le voulions direct et visible. C’est pourquoi, afin d’être vu par tout le monde, il sera apposé sur la face avant des boîtes. À l’arrière, nous avons opté pour un rappel pédagogique des bonnes pratiques”, éclaire le Dr Dominique Martin.

Le patron de l’ANSM, gendarme du médicament en France cible le paracétamol. Médicaments les plus vendus en France le Doliprane, Efferalgan, Fervex ou encore Dafalgan sont bien connus de chaque français, avec une consommation en hausse de 53% en dix ans. Le chiffre est colossal: un milliard de boîtes s’écoulent chaque année, délivrées à 84% après une prescription médicale. “Mais principalement pour un usage en automédication“, précise Dominique Martin.

Nous voilà donc fliqué jusqu’à notre dernier Doliprane qu’on croyait encore pouvoir prendre dignement seul, fous que nous pensions être responsables.

Avec une consommation normale, il est un médicament sûr et efficace. Mais en surdosage, il est la première cause de greffe hépatique d’origine médicamenteuse“, renchérit le directeur de l’ANSM.

S’il n’existe pas de données précises sur les incidents liés à la molécule, Dominique Martin note avoir “suffisamment d’informations pour en faire une question de santé publique”. Il est dommage qu’il ne partage ses informations.

En août 2018, l’ANSM lançait une consultation publique pour sensibiliser le public. 2 300 personnes y ont participé, dont 75% de particuliers. “La démocratie sanitaire a fonctionné”, note Dominique Martin. 97% des répondants ont opté pour l’ajout d’un message clair sur les boîtes.

Dès à présent, les laboratoires ont neuf mois pour se mettre en conformité. “Nous regarderons si cette mesure a un impact concret“, promet Dominique Martin. Le cas contraire, il n’exclut pas des mesures complémentaires, dont un renforcement des conditions de prescription. En poursuivant dans cette direction, on pourrait bientôt être contraint d’aller voir son médecin traitant pour devoir se procurer une boîte de Doliprane. Quel progrès !

En 2017, la faculté de médecine de Nancy avait mené une étude sur les usages du paracétamol. 19,1% des patients interrogés donnaient des réponses les plaçant dans une situation potentielle de surdosage involontaire.

Ce nouvel étiquetage promet les mêmes résultats glorieux que ceux sur les paquets de cigarettes et “boire avec modération” à propos de l’alcool.

Source : Le Parisien

LAISSEZ UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici